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Notre Problème :

Les modes de consommation des produits alimentaires modernes ont un impact néfaste sur l’environnement, leur production et leur acheminement sur les marchés européens et africains sont générateurs de pollution, d’atteinte à la biodiversité et de désertification. Ceci est particulièrement vrai dans les villes. Les citadines, européennes, africaines, n’ont plus de temps à consacrer qui, au pilage du mil, qui, à l’épluchage des pommes de terre pour l’élaboration des repas quotidiens ; chacune se dirige vers le « vite prêt », voire le « tout prêt » et le moins cher. Malheureusement les produits alimentaires qui répondent à ces critères sont le plus souvent importés , ils ont donc effectué un parcours lourd de conséquences du point de vue environnemental, par les transports coûteux pour l’environnement, par l’encouragement à une culture intensive dans les régions exportatrices (dépense d’eau, emploi de pesticides, déforestation), par l’abandon d’une agriculture locale traditionnelle au profit de monocultures (par exemple l’arachide au Sénégal , le maïs en France) qui augmente la dépendance alimentaire et cause un appauvrissement des sols ainsi qu’ une dangereuse dégradation du paysage. Citons pour exemple le marché de la pomme chilienne dans un pays producteur de plus de 700 variétés de pommes comme la France. Posons-nous la question : comment se fait-il que le Burkina Faso importe des quantités importantes de lait et de produits laitiers alors que les éleveurs représentent plus de 10% de la population ?

Nos solutions : Pour concilier protection de l’environnement, respect des ressources naturelles et modes de consommation alimentaire moderne, une solution : la consommation des produits locaux.

En Europe, la consommation des produits locaux passe par la prise de conscience de l’intérêt que présentent ces produits pour la planète, mais également pour la santé et pour l’activité agricole et socio économique des régions. Car les produits –nature ou transformés - ne manquent pas ! Des labels guident le consommateur dans ses choix, son bon sens également. Consommer fruits et légumes au rythme des saisons garantit la saveur, les vitamines, la qualité du produit, cela semble aller de soi. Or consommer au rythme des saisons conduit le consommateur à se tourner vers les produits locaux et à éviter les produits poussés sous serre, ce mode de culture étant énergivore. Quant aux labels, ils sont repérables et sont également répertoriés sur les sites Internet à consulter. Pour exemple, le label rouge garantit un certain naturel (volailles élevées en plein air, antibiotiques limités au minimum). Les produits issus de l’agriculture biologique sont eux aussi labellisés, mais attention : certains produits bio sont importés ! Par exemple, si la France est auto suffisante en bio pour les œufs, les volailles ou les bovins, elle importe au moins 60% des fruits et légumes. Dans ce cas, le consommateur peut se fournir dans une Association pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap) : les produits des Amap sont cultivés selon un mode écologique, à moins de 50km du lieu de vie du client. Dans le même esprit, de plus en plus de grandes surfaces proposent des « produits du terroir ». Rappelons que la provenance des produits proposés sur le marché est affichée, il convient d’en tenir compte, il convient de lire les étiquettes !

En Afrique subsaharienne, la consommation des produits locaux passe par la transformation locale des produits agricoles, une filière en développement.

Les étals des marchés d’Afrique subsaharienne regorgent de pâtes, semoules, lait en poudre, concentré de tomates et conserves de toutes sortes ; il s’agit là de produits transformés, faciles à utiliser, bon marché et… pour beaucoup, importés. La reconquête du marché des céréales locales (fonio, mil, maïs, sorgho, riz), des fruits et légumes locaux, du lait des élevages locaux doit donc passer par la transformation de ces produits. Car les produits sont là : des pays comme le Burkina Faso, le Niger, le Mali produisent des céréales en quantité suffisante pour nourrir leurs populations.

De surcroît le secteur de la transformation locale des produits agricoles offre un potentiel important en termes d’emplois ruraux et urbains et de création de valeur. Il pourrait jouer un rôle clé dans les stratégies de souveraineté alimentaire et de lutte contre la pauvreté. La femme y trouve sa place : des groupements féminins se sont spécialisés dans la transformation des céréales locales pour répondre à la demande des consommateurs. Tout leur savoir faire est ici valorisé.

En Afrique subsaharienne, les initiatives locales, rurales ou urbaines de transformation des produits agricoles se multiplient à travers la création de micro entreprises et petites entreprises agroalimentaires dont le rôle est également important dans la lutte contre la pauvreté ; ces activités marchandes, individuelles ou collectives, rurales et urbaines, se sont considérablement développées dans toutes les filières alimentaires pour approvisionner les marchés urbains, voire régionaux.

Quelques exemples :

Les transformateurs/trices s’organisent en en unions ou réseaux, comme par exemple au Burkina Faso ; cette organisation vise l’amélioration de la qualité et la promotion des produits : 1) Le Réseau des transformatrices de céréales du Faso créé en 2005 2) Union nationale des mini-laiteries et des producteurs de lait du Burkina Faso : depuis août 2008, . (Leur site http://www.burkinalait.org )

Une unité industrielle de transformation du maïs a été inaugurée à Ouagadougou en août 2009 ; face à l’évolution des modes de consommation vers des produits rapides à préparer, le patron de l’usine a compris que la conquête du marché des céréales devait passer par leur transformation. Farine sèche de maïs longue conservation, semoules et brisures pour les brasseries sont autant de produits finis sortant de l’usine. Démarche saluée par le ministère du Commerce. http://www.lefaso.net

Encourager le secteur de la transformation des produits agricole, c’est, pour nous citoyens et consommateurs, faire le choix de nous tourner vers ces produits de préférence aux autres, quitte à acheter en moindre quantité pour acheter mieux en termes de qualité du produit et en termes de préservation de l’environnement naturel et humain. Il est aujourd’hui reconnu que la capacité d’innovation et d’adaptation des micro entreprises de transformation des céréales et fruits et légumes dans l’Afrique subsaharienne contribue à limiter les importations et à stimuler la valorisation des productions locales. D’autre part, est-il normal que les produits locaux deviennent des produits de luxe et se raréfient ? Les producteurs locaux sont en difficulté, il faut encourager les initiatives de transformation locale qui sont en train de se développer.

En Europe comme en Afrique nos choix de consommateurs font de nous des acteurs de la préservation de notre environnement !
Auteur : Catherine CHARRUAU
Date : 11-04-2011
Rubrique : L'éco-action de la semaine
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