Questions à Alexandre Magnan - IDDRI - Vulnérabilité climatique et adaptation
1. Situation environnementales et vulnérabilité climatique dans le monde

Qu’appelle-t-on la vulnérabilité climatique ?

D’un point de vue général, le terme « vulnérabilité » renvoie au rapport qui existe entre les forces et les faiblesses d’un système (un territoire, un secteur économique, une communauté, etc.) face à un aléa climatique (une tempête, une vague de chaleur, de fortes houles, une éruption volcanique, un tremblement de terre, un tsunami, etc.). Autrement dit, la vulnérabilité d’un système résulte du rapport entre les caractéristiques (environnementales, socioculturelles, économiques, institutionnelles…) qui lui permettent de résister à une perturbation et celles qui le fragilisent.

Lorsqu’on y associe le terme « climatique », cela veut dire que l’on ne prend en compte que les aléas qui sont générés par des processus climatiques, c’est-à-dire ceux mettant en jeu l’atmosphère et l’océan). On exclue alors d’autres types d’aléas, liés eux aux volcans, aux mouvements tectoniques, etc. Pour le GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat), la vulnérabilité au changement climatique se définit ainsi : « le degré auquel un système risque de subir ou d’être affecté négativement par les effets néfastes des changements climatiques, y compris la variabilité climatique et les phénomènes extrêmes. La vulnérabilité dépend du caractère, de l’ampleur et du rythme des changements climatiques auxquels un système est exposé, ainsi que de sa sensibilité et de sa capacité d’adaptation ».
La mise en œuvre de stratégies d’adaptation a pour but de réduire la vulnérabilité sur le long terme (= à plusieurs décennies d’intervalle).

Quelles sont les régions (géographiques) les plus vulnérables aux changements climatiques ?

À vrai dire, aucun territoire n’est à l’abri, sur le temps long, des effets du changement climatique. Donc il est très délicat de dire aujourd’hui qui est plus vulnérable que les autres. En revanche, certains espaces géographiques sont « en première ligne » des impacts du changement climatique, car ils sont les premiers à en subirent les effets. Globalement, il s’agit des régions polaires, des petites îles et des grands deltas.

Les régions polaires subissent déjà des impacts visibles, en particulier la fonte progressive de la banquise (étendue de glace à la surface de l’eau) et des bordures des calottes glacières (qui reposent sur la terre) du fait de l’élévation des températures moyennes de l’air et de la mer. Les habitats de nombreuses espèces sont directement menacés (phoques, ours, manchots…). Il y a aussi le pergélisol (sous-sol gelé en permanence) qui fond et devient plus sensible à l’érosion côtière, ce qui menace des villages et des routes. Des gens sont d’ores et déjà obligés de se déplacer, par exemple à l’extrême ouest de l’Alaska.

Les petites îles. Les archipels coralliens notamment (Kiribati, Maldives, Tuamotu, Tuvalu, etc.) sont aux frontières du changement climatique (élévation du niveau de la mer) du fait de leurs caractéristiques propres : faibles surfaces émergées (petites îles), éclatement du territoire (îles dispersées), modestie des ressources terrestres (eau, sols fertiles). Ces contraintes ne caractérisent pas que les archipels coralliens, mais l’ensemble des îles, dont la mer est devenue un territoire incontournable pour la survie des populations. Ces communautés sont menacées à la fois par l’élévation du niveau de la mer et par la fragilisation des écosystèmes côtiers et marins (qui est aussi et souvent surtout due à la surexploitation des milieux par l’Homme !).

Les grands deltas. Le cas du Bangladesh est emblématique : ce pays est l’un des plus pauvres du monde et il compte près de 168 millions d’habitants. La moitié de son territoire se situe à moins de 12 m d’altitude et 10% se trouvent en dessous du niveau de la mer. Si le niveau de la mer montait de 1 m, la moitié du pays serait inondée, pour partie en permanence. Les zones côtières sont d’ores et déjà régulièrement balayées par de puissants cyclones.

Un autre type de zone géographie mérite une attention particulière, avant tout parce qu’elle concentre les populations : les villes. Elles sont par essence des pôles de développement et elles concentrent populations, infrastructures, centres de décision, sièges des grandes entreprises, etc. De ce point de vue, plus une ville est importante, plus elle est menacée, ce qui peut conduire des pays industrialisés à être potentiellement plus vulnérables que des pays en développement. Mais, la présence de réseaux de transport, de centres de décision, d’hôpitaux, etc. peut aussi constituer un élément fort de « digestion » des catastrophes naturelles. Parallèlement, c’est aussi dans les zones urbaines qu’existent les plus fortes inégalités sociales et où l’individualisme s’impose ; or, ceci ne joue pas en faveur d’une cohésion sociale, elle-même importante en termes de réduction de la vulnérabilité.

Quels sont les pays particulièrement concernés ?

Comme je viens de le dire, tous les pays de la planète sont concernés. Si la situation de pays comme les Maldives et le Bangladesh sont très médiatisées, divers pays pourraient figurer à la Une des journaux, tels par exemple le Népal ou le Pérou (menacé par la fonte des glaciers de montagne), ou encore le Tchad (menacé par la baisse des précipitations). Mais le changement climatique ne menace pas que les pays pauvres, et ses impacts concernent aussi l’Australie (par ex. sécheresse et feux de forêts, inondations), l’Europe (par ex. vagues de chaleur et tempêtes) ou les États-Unis (par ex. tempêtes et submersion).

Quelles seront les conséquences environnementales et humaines mondiales de cette vulnérabilité climatiques ?

Les perturbations du système climatique vont se traduire par une évolution de certains grands paramètres (température, précipitation, niveau de la mer) qui se répercutera sur la fréquence, l’intensité et la répartition géographique des aléas naturels (les tempêtes, les sécheresses, les inondations, les vagues de chaleur, etc.), puis sur les ressources naturelles (l’eau, les sols, l’espace terrestre…) puis, par effet domino, sur les sociétés humaines (santé, agriculture, production d’énergie…). Il faut donc avoir en tête qu’il existe une « chaîne d’impact », et selon les endroits, cela va donner des résultats différents. Sur les côtes tropicales, par exemple, l’élévation de la température de l’eau et du niveau moyen de la mer va entraîner des submersions (l’eau envahit les terres de façon plus ou moins permanente), probablement une accentuation de l’érosion côtière (les plages sont grignotées) et une salinisation des nappes d’eau souterraines et des sols proches du littoral. La salinisation des nappes et des sols va par exemple réduire l’eau douce disponible et va nuire à la qualité des sols, et on comprend bien qu’à ce moment-là, c’est l’approvisionnement en eau douce et l’agriculture qui sont menacés.

Quelles seront les conséquences précises sur les littoraux et les côtes ?

Globalement, il va être question d’érosion côtière, de submersion et de salinisation. Mais à des degrés divers selon les endroits, et à des pas de temps variables. En l’état actuel des connaissances, difficile d’être plus précis et de dire ce qu’il va exactement se passer en tel ou tel endroit. Les scientifiques s’accordent néanmoins de plus en plus à dire que beaucoup des problèmes de demain, nous les connaissons déjà aujourd’hui, même si leur ampleur sera potentiellement plus forte demain qu’aujourd’hui. Cela veut dire que les côtes qui connaissent déjà une forte érosion côtière, par ex., y seront encore plus confrontées demain. Bonne nouvelle cependant : cela veut aussi dire que l’on connaît déjà une partie des solutions, et que « commencer par bien faire ce que l’on fait mal » (réduire la pression sur les écosystèmes, par ex., mais aussi arrêter de construire trop près du rivage, de creuser les récifs coralliens pour y tracer des chenaux de navigation, etc.) peut jouer en faveur d’une réduction de la vulnérabilité au changement climatique.

Jusqu’à combien de degrés de hausse connaissons-nous les conséquences environnementales des changements climatiques ? Jusqu’à combien de degrés les conséquences sont-elles contrôlables ?

Question très intéressante, mais il est franchement impossible d’y apporter une réponse concrète. Il n’y a pas que l’ampleur du changement climatique qui va jouer un rôle. Il y a aussi la détermination des hommes à s’adapter et l’efficacité des mesures qu’ils mettront en œuvre. Et cela n’est tout bonnement pas évaluable aujourd’hui. Ce que l’on peut dire, c’est qu’il existe un seuil au-delà duquel évidemment, l’Homme ne pourra survivre (et il ne sera pas le seul, bien sûr). Le problème est que l’on ne sait pas le quantifier : +4°C, +6°C, +10°C ?

Une chose à retenir : les émissions de gaz à effet de serre (qui provoquent le changement climatique) des pays du monde entier, à commencer par les pays industrialisés et les pays émergeants comme la Chine, sont encore sur des trajectoires trop fortes pour espérer une augmentation de température moyenne à l’échelle du monde et d’ici la fin du siècle qui soit inférieure ou même égale à +2°C. Les scientifiques hésitent de moins en moins maintenant à parler de + 4°C... Autre chose à retenir : 5°C, c’est l’écart de température moyenne à l’échelle mondiale qui nous sépare de la dernière glaciation, lorsque la calotte glacière recouvrait une grande partie de l’Europe. Cela montrer qui montre que quelques degrés de différence peuvent induire des changements majeurs.

Quels sont les moyens d’adaptation possibles à ces changements climatiques ? Quels sont leurs limites ?

Sans entrer dans le détail des stratégies et actions envisageables, on peut en présenter quelques unes qui montrent leur diversité. Elles vont concerner différents secteurs, différents types d’acteurs et de communautés, et différents échelons de décision. C’est donc sur un panel de solutions complémentaires qu’il faut parier plus que sur une seule et unique solution. Par exemples:

Type d’action
Végétalisation de dunes sur la côte atlantique française ou conservation dunes bordières Gold Coast australienne
Intérêt
Maintenir ou réhabiliter les dunes côtières revient à conserver un rempart naturel contre les assauts de la mer.

Type d’action
Replantation de mangrove
Intérêt
Les mangroves aussi constituent des zones « tampon naturelles », qui par ailleurs rendent des services éco-systémiques essentiels au maintien d’une certaine qualité de vie.

Type d’action
Zonage d’une aire marine protégée
Intérêt
Baliser des zones dans lesquelles les activités humaines sont interdites ou limitées constitue aussi une manière de préserver ou restaurer la bonne santé des écosystèmes côtiers.

Type d’action
Repenser les modes de pêche industrielle (en haute mer par ex.)
Intérêt
Lutter contre les problèmes liés à la surexploitation des ressources halieutiques doit permettre de soutenir des schémas de pêche plus durables et ainsi réduire les pressions sur des environnements fragiles. Cela participera à la fois de la capacité d’adaptation des écosystèmes marins et de la diversification des modes de consommation des sociétés humaines.

Type d’action
Agriculture locale (rizières littorales)
Intérêt
En divers lieux du monde, la culture du riz est aujourd’hui soumise à des baisses de productivité du fait de la hausse des températures, de la modification des régimes de pluies et du développement de nouvelles pestes qui attaquent les cultures. L’une des solutions promues par l’aide internationale est un retour à une agriculture biologique, moins dépendante des produits non agricoles (engrais chimiques, par exemple), moins consommatrice d’énergie et plus en harmonie avec les conditions environnementales spécifiques. C’est une manière de s’adapter aux changements environnementaux.

Type d’action
Hôtel construit loin du trait de côte (ex. Djerba en Tunisie)
Intérêt
Les hôtels bâtis trop près du rivage exacerbent les problèmes d’érosion côtière, ce qui affecte la rentabilité des investissements touristiques et, à terme, conduit à un déclin d’une activité économique pourtant cruciale pour beaucoup de littoraux. Construire dès le départ les hôtels bien en arrière du trait de côte constitue une option « sans regret ».

Type d’action
Digues au devant d’une ville
Intérêt
Lorsqu’on ne peut pas faire reculer les constructions (cas des grandes villes littorales ou de sites patrimoniaux, par exemple), le seul moyen de se protéger de la montée des océans et des tempêtes est de construire une digue. Cette solution peut cependant s’avérer dramatique lorsqu’elle n’est pas indispensable.


Y a-t-il eu des expériences remarquables à travers le monde en vue de s’adapter aux changements du Climat ?

Désolé, je ne connais pas de politique « exemplaire » en matière d’adaptation au changement climatique. Cela peut être décevant, c’est vrai, mais je ne suis pas certain non plus qu’il puisse exister un politique exemplaire. Les sociétés d’aujourd’hui bâtissent sur l’exploitation des ressources naturelles, c’est un fait, et dans le meilleur des cas, elles essaient réellement de ne pas générer de dégradations irréversibles. Il faut trouver un « compromis », ce que suggère la notion de développement durable, mais c’est chose bien difficile. Ce serait cela, de mon point de vue, une politique « exemplaire ».

Sur un plan plus général, le monde académique parle d’un point de vue théorique de 3 types de mesures d’adaptation : robuste, sans regret, réversible.

On dit d’une politique qu’elle est « robuste » lorsqu’elle est pertinente pour une gamme large d’évolutions futures du climat. C’est par exemple prendre des marges « pessimistes » dans la phase de design d’une infrastructure plutôt que de devoir intervenir sur elle après mise en service, parce qu’on l’a sous-dimensionnée à la base.

Une politique ou une stratégie « sans regret », c’est un peu différent : c’est lorsque cette stratégie/politique est bénéfique même sans considérer les impacts du changement climatique, c’est-à-dire qu’elle est pertinente même s’il n’y avait pas de changement climatique, mais qu’elle l’est encore plus dans le contexte du changement climatique. Un exemple classique est la réhabilitation des dunes côtières (car elles constituent des zones tampon face aux risques liés à la mer), ou la mise en œuvre de plans de prévention des risques naturels…
Il y a aussi les mesures « réversibles », en opposition aux mesures irréversibles. Le but ici, c’est globalement de minimiser le coût d’une mauvaise estimation des évolutions climatiques. Il peut par exemple être préférable de refuser d’urbaniser une portion de côte car si un jour l’information climatique se précise, il sera toujours temps de prendre la décision inverse à faible coût ; en revanche, urbaniser malgré l’incertitude fournit certes des bénéfices immédiats, mais peut mener à une situation future où le choix n’est plus qu’entre protection lourde et recul, deux options dont le coût est souvent prohibitif et la faisabilité loin d’être garantie.

Les investissements d’atténuation ne sont-ils pas prioritaires ?

La lutte contre le changement climatique renvoie en effet à deux volets. Le premier est celui de la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre : il s’agit alors de stabiliser leur concentration dans l’atmosphère à un niveau tel qu’il permette d’éviter toute interférence dangereuse avec le climat. Cela suppose une transformation radicale de nos modes de production et de consommation, dans tous les secteurs de l’économie. Le second volet concerne l’adaptation. Certains impacts du changement climatique sont en effet désormais inévitables, et si ceux-ci interviendront majoritairement dans le futur, des premiers signes sont aujourd’hui perceptibles dans divers endroits du monde. Les sociétés devront s’adapter à cela.

On sait aujourd’hui que lutter contre le changement climatique à sa source ne suffira pas, et qu’il faudra également lutter contre ses impacts. Il ne s’agit cependant pas d’opposer les efforts d’adaptation à ceux d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre : les premiers ont en effet vocation à gérer les conséquences inévitables du changement climatique, tandis que les seconds visent à lutter contre le phénomène à sa source. Ces deux volets nécessitent du financement, et il serait dramatique sans que ceux-ci soient mis en compétition

Êtes-vous pessimiste quant à la situation écologique et humaine à venir dans le monde ?

Je me refuse à l’être. Je n’irais cependant pas non plus vous dire que je suis très optimiste…

2. Le chercheur.

Quels sont vos thèmes exacts de recherche ? Pourquoi les avez-vous choisis spécifiquement ?

Je travaille sur les questions de vulnérabilité et d’adaptation des sociétés au changement climatique, et plus généralement aux changements environnementaux. Cela va de l’analyse des mécanismes à l’œuvre et qui expliquent la vulnérabilité ou la capacité à s’adapter, à l’élaboration de méthodologies d’évaluation. Il y a donc des phases « en bureau » (bibliographie, rencontres d’autres chercheurs…), puis d’autre « de terrain » (en ce moment, je travaille sur l’archipel des Kiribati, sur le Bangladesh, sur la Réunion et sur le Japon). Le thème du rapport des sociétés à leur environnement me passionne depuis longtemps, mais je ne saurais dire depuis quand.

Qu’apporte un chercheur à la réflexion mondiale (des citoyens, des élus, des fonctionnaires internationaux…) et internationale sur ces questions de vulnérabilité climatique et d’adaptation ?

Il apporte des analyses, des comparaisons entre diverses expériences menées dans différentes parties du monde, et puis il rapporte au sein de la communauté des acteurs et des décideurs de son pays les réflexions que les scientifiques mènent à l’échelle internationale. Parfois ses travaux permettent de prendre un peu de recul par rapport à une situation donnée.

Portez-vous, personnellement, en tant qu’expert, des propositions d’actions publiques (mondiales, nationales, locales) d’adaptation ou de lutte contre la vulnérabilité climatique ?

J’ai évidemment mes convictions, par exemple sur l’importance d’avoir une vision large des facteurs qui influencent la vulnérabilité et la capacité d’adaptation d’un territoire, d’une société (tout n’est pas déterminé par les moyens économiques…). C’est sur la base de ces convictions que je développe des projets de recherche ou que je m’engage dans ceux portés par des collègues. Mais le scientifique doit savoir rester à sa place : il n’est qu’un « informateur », et ce n’est pas lui qui prend les décisions. Notre job, c’est d’expliquer, d’essayer de clarifier les débats, et de montrer toute la gamme des choix possibles et de leurs impacts potentiels.

Vous considérez-vous comme un expert-militant, c’est-à-dire porteur d’une vision, d’actions, d’idées, de projets ?

Oui, mais je me garde bien de militer dans un cadre professionnel. Les analyses scientifiques, je crois, doivent rester objectives pour être crédibles.

Un mot sur votre institut (IDDRI) : quels sont ses objectifs, ses actions ?

L’IDDRI est un institut de recherche sur les politiques publiques spécialisé sur les questions de coopération internationale dans le développement durable. Il est attaché à Sciences Po et essaie de créer une interface entre les scientifiques et les décideurs, pour que la recherche puisse informer l’action publique.
Auteur : Martin DURIGNEUX
Date : 14-04-2012
Thématique principale : Agriculture, pêche, sylviculture
Thématique(s) secondaire(s) : Changements climatiques • Information, éducation, sensibilisation
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